Médecine thermale et cancer : revivre après la maladie

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Médecine thermale et cancer : revivre après la maladie
Au cours des dernières années, la prise en charge des cancers a bénéficié de réels progrès scientifiques et thérapeutiques, se traduisant notamment par la mise au point de nouveaux médicaments plus ciblés et par augmentation de la survie à cinq ans dans plusieurs cancers.
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En outre, les soins de support permettent de prendre en compte le patient dans sa globalité et les conséquences physiques, psychiques et sociales de la maladie cancéreuse. Comme le souligne le nouveau plan cancer 2014-2019, il convient désormais de considérer l’après-cancer et d’aider les patients à retrouver une vie normale et de qualité après cette épreuve. Cela passe notamment par un effacement de certaines cicatrices physiques laissées par les traitements chirurgicaux, les chimiothérapies ou les radiothérapies. Fortes de leur expérience dans l’accompagnement des patients souffrant de maladies chroniques, certaines cures thermales ont développé des cures spécifiques appelée cures post-cancers pour les malades en rémission.

Les traitements contre le cancer et leurs complications

Le cancer est à l’origine de 150 000 décès par an en France. Parmi les cancers les plus fréquents, on retrouve le cancer de la prostate, le cancer du sein (46 % des cancers de la femme), le cancer du poumon et le cancer colorectal. Le cancer se traduit par un développement anormal et incontrôlé de certaines cellules. Ces cellules cancéreuses se regroupent pour former une tumeur. Elles peuvent disséminer dans tout l’organisme, entraînant la formation de métastases.

Les traitements contre le cancer sont chimiques (les chimiothérapies), chirurgicaux (ablation de la tumeur) ou physiques (la radiothérapie). Il existe d’autres types de traitements plus spécifiques de certains cancers, comme la curithérapie ou l’hormonothérapie. Quelle que soit l’option thérapeutique choisie, des effets secondaires et des complications à plus ou moins long terme peuvent être observés. Actuellement, la recherche s’oriente vers la mise au point de thérapeutiques plus ciblées, permettant de limiter l’atteinte des cellules saines.

La chimiothérapie

Le mode d’action des médicaments de chimiothérapie diffère selon le principe actif. L’objectif est de ralentir ou de stopper la croissance de la cellule cancéreuse, afin de faire régresser la tumeur. Les traitements sont définis sous forme de protocoles validés, associant plusieurs médicaments. Les effets secondaires des chimiothérapies sont causés par la destruction des cellules saines, les cellules sanguines par exemple. Ces médicaments sont agressifs et peuvent agresser les muqueuses, créant des lésions buccales et des mucites. L’atteinte des nerfs est à l’origine de fourmillements dans les membres. La toxicité des médicaments anticancéreux se manifeste également au niveau capillaire (chute des cheveux) ou cutané, par un dessèchement de la peau, des rougeurs ou la survenue d’acné. Pour prendre en compte cette complication, certains services d’oncologie, avec le soutien des associations de lutte contre le cancer, accueillent des socio-esthéticiennes au sein de l’équipe soignante.

La radiothérapie

Cette technique vise à détruire les cellules cancéreuses par irradiation de la zone concernée. Les effets secondaires peuvent apparaître à plus ou moins terme. Ils varient selon la zone traitée, ainsi qu’en fonction de la dose de rayon utilisée. La radiothérapie peut être à l’origine de troubles cutanés, caractérisés par une irritation de la peau ou des brûlures. Parmi les autres effets secondaires, on peut citer les troubles cardiaques et pulmonaires.

La chirurgie

L’intervention chirurgicale a pour but de retirer la tumeur cancéreuse. Des nouvelles techniques, moins invasives et plus précises, permettent de limiter les dommages co-latéraux. Les complications sont différentes selon la localisation de la tumeur. Par exemple, l’ablation d’un sein et le curage axillaire associé endommagent le système de drainage lymphatique, provoquant un lymphoedème du bras. Cette complication encore appelée le gros bras (le bras est gonflé) peut provoquer une limitation des mouvements de l’épaule.

L’intérêt de la cure thermale après un cancer

Il est aujourd’hui possible d’atténuer voire de supprimer certains effets secondaires des traitements anticancéreux. Certains établissements thermaux ont développé un programme adapté à la période post-cancer, pour permettre au patient en rémission de retrouver une qualité de vie convenable et favoriser une reprise professionnelle plus rapide et dans des conditions optimales. « L’objectif d’une cure post-cancer est triple : physique, psychologique et social. Cette démarche permet de prendre en compte toutes les conséquences de la maladie », souligne Caroline Estèbe, coach forme santé aux thermes de Saint-Gervais.

Les cures thermales s’appuient d’une part sur les propriétés des eaux thermales, notamment leur action décongestionnante et cicatrisante, et sur les compétences d’une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, de kinésithérapeutes, de diététiciens et de coachs sportifs. « Outre les bienfaits de l’eau thermale sur la peau, les soins dermatologiques permettent de diminuer les adhérences ou de préparer la peau à une nouvelle chirurgie. Le programme de la cure post-cancer  est commun à tout le groupe, mais les entretiens individuels réguliers réalisés au cours du séjour nous permettent d’affiner les soins au cas par cas et de répondre aux besoins spécifiques de chaque curiste, explique Caroline Estèbe. Les soins prodigués sont internes (consommation d’eau thermale) et externes (douche filiforme, douche céphalique, pulvérisation d’eau thermale, massages). Ils sont complétés par un programme d’activité physique adaptée ainsi que des ateliers diététiques, esthétiques et d’accompagnement psychologique.

De nouvelles pistes à explorer

En 2013, une étude (étude PACTHE) financée par l’Afreth (Association française pour la recherche thermale) a démontré l’intérêt des cures thermales post-cancer sur l’amélioration de la qualité de vie et la réduction des effets secondaires chez des femmes après un traitement contre le cancer du sein. Ces résultats favorables encouragent les acteurs de la médecine thermale à envisager de nouveaux programmes plus spécifiques, pour les enfants ou les aidants familiaux par exemple. Les cures thermales pourraient par ailleurs prendre une place de plus en plus prépondérante dans le cadre de la prévention contre les facteurs de risque de cancer (le tabac par exemple) et de l’éducation thérapeutique du patient.

D’un point de vue pratique

  • Soins thermaux et honoraires médicaux pris en charge par l’Assurance maladie (établissements thermaux agréés par la Sécurité sociale)
  • Prescription de la cure par le médecin traitant ou l’oncologue
  • Cure de 21 jours

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