L’eau thermale, source de santé

Depuis des siècles, les hommes mettent à profit les vertus des éléments présents dans la nature pour se soigner. Parmi ces éléments, les eaux minérales constituent le traitement de base des cures thermales et offrent une alternative intéressante aux médicaments.

L’eau thermale, qu’est-ce que c’est ?

L’eau thermale est une eau minérale utilisée au sein d’un établissement agréé pour traiter certaines affections, rhumatologiques ou dermatologiques par exemple.

Naturellement pures, les eaux minérales contiennent des éléments chimiques susceptibles d’agir sur la santé. Au cours d’une cure thermale, différentes techniques de traitement à base d’eau thermale permettent d’optimiser les propriétés thérapeutiques de cette eau.

Des civilisations antiques à l’époque moderne

Si l’activité thermale en France a connu un véritable essor au XXème siècle, l’utilisation des eaux minérales pour soigner les maux remontent à l’Antiquité. Les médecins grecs avaient observé les bienfaits de certaines eaux sur la santé, et recommandaient leur consommation. Dans la civilisation romaine, les thermes (ou bains publics) avaient une fonction importante, d’hygiène principalement, mais également une fonction sociale, philosophique et économique. De l’autre côté des Alpes, les gaulois utilisaient les eaux (les sources d’eaux chaudes notamment) pour soulager certains maux.

A la renaissance et tandis que l’intérêt pour les eaux thermales se développe, les premières réglementations relatives aux sources thermales et à leur contrôle sont mises en œuvre. Sous Henri II, toutes les sources thermales deviennent propriété de l’Etat. Henri IV crée un poste de Surintendant des eaux minérales et médicinales du Royaume.

Le XIXème siècle, entre romantisme et thermalisme
En 1820, Louis XVIII crée l’Académie royale de médecine, aujourd’hui Académie nationale de médecine, et confie à cette institution le contrôle des eaux minérales naturelles. Aujourd’hui encore, c’est l’Académie nationale de médecine qui évalue l’intérêt thérapeutique des eaux minérales. L’apparition des captages par forage permet de multiplier les stations thermales sur le territoire. C’est aussi au XIXème siècle, sous le second Empire, que les stations thermales s’organisent. Les thermes s’entourent de casinos, hôtels et autres commerces permettant d’accueillir une clientèle riche. La cure devient à la mode !

Cette clientèle se diversifie après la seconde guerre mondiale. A partir des années 50, grâce à la Sécurité sociale notamment, l’activité thermale trouve un équilibre entre l’aspect touristique et l’intérêt médical. En près de quarante ans, le nombre de cures thermales est multiplié par trois.

Un établissement thermal, qu’est-ce que c’est ?

L’établissement thermal est une structure de soin privée, ayant reçu l’autorisation de dispenser des traitements à base d’eau thermale. Ces établissements sont agrées par le ministère de la Santé et conventionnées avec les organismes d’assurance maladie. En France, on en recense 101 (source ministère de l’économie, des finances et de l’industrie).

Les particularités de l’eau thermale

Pourquoi les eaux minérales naturelles sont-elles différentes des autres eaux ? Parce que ces eaux ont suivi un long et lent chemin souterrain (jusqu’à plusieurs milliers de mètres de profondeur) au cours duquel elles se sont enrichies en minéraux au contact de la roche. Lorsque ces eaux émergent, c’est-à-dire reviennent en surface naturellement ou par forage, elles présentent une composition en éléments chimiques caractéristique du milieu où elles ont évolué. La température et le pH de ces eaux sont constants.

Un peu de chimie
Parmi les éléments chimiques présents dans une eau minérale, on distingue les éléments anioniques (hydrogénocarbonates, sulfates, chlorures, fluorures) et les éléments cationiques (calcium, magnésium, sodium et potassium).
En fonction de la composition chimique et en oligo-éléments, on répartit les eaux minérales en  plusieurs catégories :

* les eaux sulfurées sont des eaux riches en sulfures. Elles sont uniquement utilisées à des fins thérapeutique (notamment pour traiter les affections respiratoires) en établissement thermal ;
* les eaux sulfatées : elles sont chaudes ou froides et sont souvent utilisées pour traiter les affections hépatiques, digestives et rénales ;
* les eaux chlorurées sodiques ne sont jamais conditionnées en bouteille. Elles présentent un pH acide et sont principalement utilisées en gynécologie ;
* les eaux ferrugineuses contiennent du fer et sont souvent associées à du manganèse ;
* les eaux bicarbonatées gazeuses : il en existe plusieurs catégories (alcalines, calciques et magnésiennes), d’où une utilisation dans de nombreux domaines thérapeutiques.

Enfin, certaines eaux contiennent d’autres éléments tels que l’arsenic, le sélénium, la silice, le fluor, le chrome ou le cuivre, contribuant à leurs propriétés thérapeutiques.

Plus ou moins minéralisée, mais minérale quand même
Outre leur composition, les eaux minérales sont classées selon leur degré de minéralisation, c’est-à-dire la quantité totale de sels dissous en mg par litre d’eau. Cette minéralisation doit être constante dans le temps.
Les eaux faiblement minéralisées correspondent principalement aux eaux embouteillées. La minéralisation est inférieure à 500 mg/l alors qu’une eau fortement minéralisée présente une minéralisation supérieure à 1 500 mg/l.
A titre d’exemple, l’eau thermale de Saint-Gervais-les-Bains est fortement minéralisée, à 4,3 g/l. Elle est classée parmi les eaux sulfatées, chlorurées, sodique et calcique.

Des bénéfices sanitaires reconnus

Les bénéfices des cures thermales sont aujourd’hui admis par l’Assurance maladie dans plusieurs domaines thérapeutiques, comme par exemple :

* les affections dermatologiques telles que l’eczéma, le psoriasis, les brûlures, les manifestations allergiques (urticaire) ;
* la rhumatologie, qui regroupe les rhumatismes, l’arthrose, et d’autres maladies liées aux articulations (tendinite, lombalgie, sciatique…) ;
* les affections des voies respiratoires telles que l’asthme, les allergies respiratoires, mais aussi les affections ORL rebelles (rhinites, otites, pharyngites ou sinusites) ;
* les troubles du développement chez l’enfant, comprenant plusieurs pathologies de l’enfant et de l’adolescent dont l’énurésie, les infections ORL récidivantes, l’anorexie…
* les maladies cardio-artérielles, c’est-à-dire les pathologies résultant d’un trouble du fonctionnement cardiaque ou artériel, dont l’hypertension artérielle, l’artérite des membres inférieurs, le syndrome de Raynaud…
* la phlébologie, correspondant aux troubles circulatoires (phlébites, insuffisance veineuse) et à certaines complications (ulcère veineux) ;
* la neurologie : il s’agit d’affections diverses touchant le système nerveux, tels que la maladie de Parkinson, l’hémiplégie, les séquelles de zona, les névrites…
* les affections psychosomatiques, telles que l’anxiété, la fatigue, les troubles du sommeil ou la dépression chronique ;
* les affections digestives et autres maladies métaboliques parmi lesquelles on retrouve l’obésité et le surpoids, les troubles de la digestion (constipations, colopathies fonctionnelles…) ;

Le saviez-vous ?

Pour être prise en charge par l’Assurance maladie, une cure thermale doit être prescrite par un médecin pour une durée minimale de 18 jours, dans un établissement conventionné et dans un but thérapeutique précis. L’Assurance maladie prend en charge les frais médicaux et, selon les ressources du patient, les frais de transport et d’hébergement.

La rhumatologie en tête !

Selon les données 2012 du CNETh (Conseil national des exploitants thermaux), les affections rhumatologiques arrivent en tête des prescriptions de cure thermale et concernent 76 % des curistes. Les enfants quant à eux représentent 1,8 % de la fréquentation totale des établissements thermaux.

Les soins en établissement thermal

La crénothérapie est le terme désignant l’ensemble des techniques à visée thérapeutique utilisant de l’eau thermale.
Selon l’affection traitée, il peut s’agir de cures internes ou externes.
Les cures internes reposent principalement sur l’ingestion de l’eau thermale, à des horaires et à des doses établies par les médecins de l’établissement. L’eau thermale peut également être administrée en aérosol, en inhalation, en gargarisme ou en bains de bouche.
Les cures externes correspondent à l’utilisation de l’eau thermale en bains froids, tièdes ou chauds (en phlébologie par exemple), en douches ou par pulvérisation. Les douches baveuses ont une pression faible tandis que les douches filiformes envoient un jet fin, à pression élevée.
Des bains de boues, naturelles ou artificielles, peuvent également être proposés, en rhumatologie par exemple.

Des études très attendues (Cf Cneth)

Comme pour le médicament, la cure thermale doit faire la preuve de son efficacité et de sa sécurité. Des études visant à évaluer le SMR (service médical rendu) des cures thermales sur les maladies chroniques en comparaison à d’autres traitements, sont donc nécessaires. Une démarche scientifique difficile, mais indispensable pour confirmer la place de la médecine thermale dans le système de soins. L’étude Maâthermes par exemple, réalisée dans cinq stations thermales sur un total de 257 patients, a permis d’évaluer l’intérêt de la cure thermale dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité. Autre exemple, l’étude Thermarthrose a démontré que la cure thermale permettait de soulager la douleur chez les patients souffrant d’arthrose du genou, en comparaison à des patients suivant leur traitement habituel (non chirurgical). Dans son livre blanc publié en 2008, le CNETh (Conseil national des exploitants thermaux) souligne ainsi l’intérêt des cures thermales pour soulager certains symptômes liés à des pathologies chroniques, mais aussi pour assurer des soins de suite après une hospitalisation et renforcer l’éducation santé des patients. Un engagement en Santé publique qui permet d’offrir au thermalisme de nouvelles perspectives.

Interview avec Thierry Coffinet


Interview avec Thierry Coffinet, Directeur des Thermes Saint-Gervais Mont Blanc

Les bienfaits de l’eau thermale sont-ils universels ? (convient-elle à tout le monde ?)  =  Tout le monde –y compris ceux qui n’ont pas de problème de peau- peut-il tirer bénéfice de l’eau thermale ?

T.C. : Les bienfaits de l’eau thermale peuvent être appréciés par tous. Nous avons des curistes de 6 mois à 80 ans. Cette eau peut convenir à tout le monde y compris des personnes qui n’ont pas de problèmes de peau. Une des premières indications traitées à Saint Gervais était d’ailleurs les affections psychiatriques. Le spectre est extrêmement large, par ailleurs le thermalisme a démontré de façon scientifique qu’il y a des bénéfices psy pour traiter la dépression par exemple.

Au quotidien : pourquoi privilégier l’eau thermale à d’autres produits ?

T.C. : L’eau thermale est un véritable principe actif. Ce sont des molécules adaptées au traitement. C’est pour ça qu’on y trouve des vertus cicatrisantes, apaisantes, anti âge. La complexation de l’ensemble des éléments présents dans les molécules de l’eau thermale permet d’agir sur beaucoup de points.

Eau thermale, eau de source, eau minérale… quels usages ? Quelles différences majeures ?

T.C. : La différence majeure entre l’eau thermale et l’eau minérale, c’est que l’eau thermale est en une eau minérale généralement chaude qui fait l’objet d’un agrément du ministère de la santé à des fins thérapeutiques. Comme un médicament a une AMN (autorisation de mise sur le marché), l’eau thermale bénéficie d’un agrément également.

Le champ d’application des bénéfices de l’eau thermale est-il découvert aujourd’hui, ou de nouvelles applications curatives sont-elles envisageables ?

T.C. : Intuitivement, je pense qu’il y a encore un champ de découvertes possible autour de l’eau thermale. Par exemple, l’eau thermale Saint Gervais Mont blanc à des propriétés anti-radicalaires qu’on ne connaissait pas avant que l’on s’intéresse à l’anti-âge. Tout ce qui concerne le bien vieillir par exemple.
Depuis 2007 le thermalisme procède à des études scientifiques et confirme beaucoup d’intuitions. Une étude stop TAG (troubles anxiolytiques généralisés) a montré que les troubles étaient mieux traités par la cure thermale que par un antidépresseur par exemple.

On associe le temps de bénéfice de l’eau thermale au temps qu’il faut passer en cure ? Vraie ou fausse idée ?

T.C. : Déjà au bout d’une semaine, l’on peut avoir des résultats. Cependant, sur chaque individu ils seront différents mais beaucoup de curistes ont des améliorations notables. La règle aujourd’hui pour être pris en charge est  de 3 semaines. Toutefois les modes de consommation hors domicile ont changé et il est important de savoir qu’effectivement des résultats sont observés en deçà des 3 semaines.

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